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Dons aux associations : les Français donnent moins, alors que le plafond à 75 % a doublé
Le don moyen retombe à 204 € en 2026, selon l’enquête Odoxa réalisée pour la plateforme de cagnottes Leetchi. Un tiers des Français disent avoir réduit leurs dons, le plus souvent faute de moyens. Les foyers imposables disposent pourtant, jusqu’au 31 décembre, d’une réduction d’impôt dont le plafond le plus avantageux a été porté à 2 000 €.
Les 35-49 ans ont coupé plus vite que les autres. Leur don moyen a fondu de 127 € en un an, à 150 €, d’après l’Observatoire des générosités publié le 28 octobre par Leetchi et réalisé par Odoxa du 23 au 28 septembre auprès de 3 000 personnes. À l’autre bout de la pyramide, les 18-24 ans affichent 256 € de don moyen, 126 € de plus que l’an dernier, alors que les jeunes sont aussi ceux qui ont le plus sollicité l’entraide cette année (28 %). Sur l’ensemble de la population, le montant moyen recule de 18 €, à 204 €, l’un des quatre plus bas niveaux enregistrés par l’enquête.
Le motif laisse peu de place au doute. Un tiers des Français déclarent avoir réduit leurs dons en 2026, contre 9 % qui les ont augmentés, et 86 % de ceux qui donnent moins expliquent qu’ils peuvent moins se le permettre qu’avant. Dans l’enquête, 90 % des sondés se disent inquiets pour l’avenir économique, 85 % ressentent la hausse des carburants. Et 16 % ont eux-mêmes dû faire appel à la solidarité au cours des douze derniers mois, d’abord pour payer des factures, un loyer ou des courses (51 % des cas), ensuite après une perte d’emploi ou une séparation (29 %).
Les donateurs déplacent aussi leurs priorités. La recherche médicale arrive en tête des causes soutenues (42 %), devant la protection des animaux et celle de l’enfance (32 % chacune), et l’aide aux victimes de catastrophes naturelles ou d’attentats progresse, à 15 %. Les sondés préfèrent de plus en plus donner près de chez eux : 59 % privilégient les associations locales aux grands organismes nationaux, cinq points de plus qu’un an plus tôt. La carte bouge. Le Grand Est devient la région la plus généreuse, avec 316 € de don moyen, quand la Normandie, en tête l’an dernier, recule en bas du classement et que 39 % des habitants des Hauts-de-France disent avoir réduit leurs dons.
Deux thermomètres qui divergent
Les grandes associations, elles, n’avaient pas vu leur collecte plonger en 2025. Le baromètre de France générosités, établi sur 55 associations et fondations qui ont reçu plus de 1,2 milliard d’euros, mesurait une hausse de 3,6 % des dons des particuliers en 2025, la plus forte depuis 2021. Son président, Philippe Pailliart, jugeait toutefois cette reprise fragile. La concentration du don pourrait expliquer une partie de l’écart : les versements de moins de 150 € ne pèsent plus que 38,6 % de la collecte de ce panel, contre 50,4 % en 2015. Le Baromètre de la solidarité d’Ipsos BVA pour Apprentis d’Auteuil va dans le même sens. Selon lui, 47 % des Français ont donné en 2025, cinq points de moins qu’un an plus tôt, tandis que le don moyen des foyers disposant de plus de 120 000 € de revenus nets annuels a progressé de 14 %, à 2 646 €. Les montants ne se comparent pas d’une enquête à l’autre : l’observatoire de Leetchi, plateforme de cagnottes, ne mesure pas le même périmètre, et 71 % de ses sondés disent privilégier l’aide à leur entourage.
2 000 € à 75 %, jusqu’au 31 décembre
Pour le donateur imposable, la fin d’année reste le moment de faire ses comptes. Le régime général ouvre droit à une réduction d’impôt de 66 % des sommes versées à un organisme d’intérêt général, dans la limite de 20 % du revenu imposable, l’excédent pouvant être reporté sur les cinq années suivantes. Le taux monte à 75 % pour les associations qui fournissent repas, soins ou logement aux personnes en difficulté, et pour celles qui aident les victimes de violences domestiques. La loi de finances pour 2026 a porté le plafond de ce régime, dit « Coluche », de 1 000 € à 2 000 € pour les dons versés depuis le 14 octobre 2025, et ce relèvement est pérenne. Un don de 2 000 € à une banque alimentaire revient ainsi à 500 € après impôt, pour un foyer qui doit au moins 1 500 € d’impôt sur le revenu. Au-delà, la fraction supplémentaire bascule au taux de 66 %.
Deux limites demeurent. Il s’agit d’une réduction et non d’un crédit d’impôt : un foyer non imposable ne récupère rien. Les députés ont bien voté en séance, à titre provisoire, un amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2027 transformant le régime Coluche en crédit d’impôt. Mais la première partie du budget n’a pas encore été adoptée, un vote identique avait été écarté du texte définitif l’an dernier, et rien ne prévoit à ce stade d’appliquer la mesure aux dons de 2026. Ensuite, seuls les versements effectués au plus tard le 31 décembre entreront dans la déclaration du printemps 2027, reçu fiscal à l’appui. Un chèque posté le 2 janvier attendra un an de plus.


